Bienvenu sur ce site consacré au pastoralisme kurde.

Je m’appelle Michael Thevenin, je suis Accompagnateur en Montagne et j’ai entamé depuis 2005 un travail sur les pratiques pastorales dans le sud-est de la Turquie dont je livre ici une première synthèse.

Tout d’abord, il m’apparaît nécessaire, par souci didactique, de poser le décor.

Sans doute faut-il éclairer le lecteur, naturellement peu enclin à s’intéresser au mouton, sur les raisons de mon engouement pastoral, d’exposer ce pourquoi cette pratique me semble moderne et, j’ose le dire d’avant-garde. De même, dans cette première partie intitulée Contexte, je me suis lancé dans une tentative désespérée, car mille fois déjà écrite, mais néanmoins personnel, de présentation synthétique du peuple kurde en le replaçant dans son environnement géopolitique.

Ensuite vous découvrirez, en parcourant les pages du carnet de route et de l’album photos les différents visages du pastoralisme Kurde : pastoralisme villageois, transhumances locales, semi-nomadisme, nomadisme, tels qu’ils se sont présentés à moi au cours de mes quatre voyages.

           
Enfin, et c’était le but premier de mon travail, il s’agit de représenter géographiquement les grandes transhumances de ces régions, manifestations les plus remarquables du pastoralisme, à travers des cartes originales, non exhaustives, comme une sorte d’état des lieux d’une tradition millénaire.

Un avertissement cependant 

Parler des Kurdes implique nécessairement d’aborder l’aspect politique du sujet. Pour autant, ce site n’est pas partisan. Si sympathie il y a dans mes propos, c’est avant tout pour les bergers et les éleveurs, et en filigrane pour les victimes de la fièvre nationaliste et du cloisonnement des territoires.

Le nationalisme, d’où qu’il vienne, est une idée vieillissante, quelque fois opportune, souvent inadaptée, et qui nécessite régulièrement d’être réinventé par les peuples qui le revendiquent. Les nations bougent, évoluent, et mettent en branle la rigidité des frontières, des symboles et des mythologies dans lesquelles par essence, ils se sont enfermés. Après tout, n’y aurait-il pas d’autres formes de salut politique que le postulat de l’Etat-Nation à l’occidental ? Et que ferons-nous de ses frontières quand des marées humaines, réfugiés économiques, climatiques et énergétiques, s’entasseront à ses portes ?

Ce site n’a pas d’autre prétention idéologique que de poser naïvement ces questions et d’opposer l’exemple pastoral en matière de gestion de l’espace et du temps. Et il n’a pas eu d’autres moteurs que ma simple curiosité, celle d’un voyageur lambda, avide de comprendre le monde qui l’entourait, ayant le souci de toujours contextualiser les faits observés, sans pour autant se couper de l’aventure humaine intérieure et extérieure, de l’émotion jusqu'à l’acte, que la rencontre avec l’autre ne manquait pas de susciter.

Allez vers l’autre pour découvrir ce qu’il a d’unique demande aussi de s’intéresser à son environnement, et de cheminer à travers et au-delà de soi…

En vous souhaitant un bon voyage chez les bergers Kurdes…

Michael Thevenin